MÉDITER EN GROUPE

Après 2 ans d’interruption, j’ai animé un groupe de pratique. Quand je médite en groupe, je me rends compte de la valeur de cette pratique, et c’est toujours un grand plaisir.
S’accorder ce temps, une fois par mois ou par semaine, cette pause, ce partage, permet de prendre une respiration, de se poser et de se rendre compte que nous ne sommes pas seuls dans cette traversée !
On se réunit, on se rencontre, et on partage une ou des méditation(s). C’est le lieu pour poser des questions, partager des réflexions, s’échanger des astuces, des conseils de lecture, trouver parfois de l’inspiration. Par exemple, comment tu fais toi quand tu as le nez bouché ? Est-ce que c’est bien d’utiliser des applis pour chaque méditation ? Je n’arrive pas à trouver ma posture aujourd’hui ! Comment tu t’y prends pour trouver des moments avec les enfants ?
La pratique formelle peut être assise, allongée, marchée. Cela permet de réajuster sa pratique personnelle quand on se sent un peu perdu, de s’y remettre quand on a arrêté, ou tout simplement de méditer une fois par mois.
Fabrice Midal écrit dans son livre 52 poèmes d’occident pour apprendre à s’émerveiller : « La méditation nous libère de l’obsession de l’efficacité et par là, elle nous rend à notre humanité ». C’est ainsi que je vis ces moments en groupe, très simples, très humains, sans idée de performance ou de jugement, ça fait du bien ces moments tranquilles, simples, et vrais !

ARRIVER EN MEDITATION

Comment démarrer ma méditation ?  Cette question revient souvent au cabinet. Quand on choisit de se poser pour méditer, on peut passer rapidement d’un moment agité ou simplement occupé par le flux de nos vies, à un moment d’immobilité. Les pensées sont alors très actives et très visibles.

Pour faciliter cette entrée en méditation, nous prenons le temps. L’idée est de ne pas amener de lutte sur le coussin ou sur le siège. Simplement de poser son intention, je vais méditer, je vais faire une pause. Pendant cette pause, rien n’est à faire, à terminer ou à réfléchir. Pendant cette pause, je serai peut être calme, ou bien agité(e), anxieux(se) ou serein(e), peut être passerai-je par différents sentiments, ressentis et c’est ok. J’ouvre un espace dans lequel je n’ai aucun objectif, aucune attente particulière.

Pour favoriser cet état d’esprit, je prends le temps d’arriver. Je peux éteindre mon téléphone, me poser dans une pièce assez calme et m’asseoir (ou m’allonger). J’ajuste ma posture, je retrouve la sensation du sol, du coussin, de mes appuis. J’ouvre les yeux et je vois ou je suis.

Quand le gong sonne je peux choisir de garder les yeux entrouverts ou de les fermer. Là, je peux prendre quelques instants pour visiter mon corps, en commençant par le sommet du crâne, le visage, le cou, les épaules… jusqu’aux pieds. Je ressens et je détends en laissant mon attention circuler tranquillement. Je peux aussi prendre quelques respirations amples. Ensuite, j’amène mon attention vers le support que j’ai choisi, la respiration, le son, le corps…

Méditer ne veut pas dire être « zen » au sens occidental, méditer c’est être avec, être présent(e) et désamorcer nos luttes. Prendre le temps d’arriver chez soi non comme un conquérant mais comme un ami est une bonne pratique.

JOURNAL D’ITINERANCE

L’approche méditative est ancestrale, codifiée, et précise, ainsi que souple, intimement reliée au vivant. C’est peut être en partie pour cela qu’elle amène en surface des paradoxes. Nous sommes vivants, c’est-à-dire, en mouvement, en interaction avec le monde à l’intérieur et à l’extérieur. La méditation est une pratique qui ouvre ce champs à notre conscience.

René Barbier, chercheur en science de l’éducation, a développé un outil : le journal d’itinérance. « Dans l’itinérance d’une vie, nous trouvons une multitude d’itinéraires contradictoires. L’itinérance représente le parcours structural d’une existence concrète tel qu’il se dégage, peu à peu, et d’une manière inachevée, dans l’enchevêtrement des divers itinéraires cheminés par une personne ou un groupe. L’itinérance dans sa dimension planétaire, reflète le Jeu de l’Homme pris dans l’essor du Jeu du Monde. »

Lorsque j’étais étudiante en Sciences de l’éducation, mes enseignants m’ont encouragé à utiliser ce journal afin d’écrire mon mémoire de fin d’étude. J’ai découvert la poésie de l’observation du monde en relation avec mes ressenti. Les jeux du regard, les pensées qui s’enchevêtrent, la concentration sur les détails, relier le petit et le grand, cela a constitué une grande partie de mon travail.

Quelques années plus tard, je retrouve ces sensations en Asie, en voyage et surtout en apprentissage de ma pratique méditative. Soyons clairs, on vient à la méditation par la porte de la souffrance, quelque soit sa forme et son intensité. Mais cette voie amène un chemin, une « itinérance » qui permet d’ouvrir les yeux.

C’est cela que je vous propose dans ce blog. Quelques bulles de mon itinérance en lien avec la méditation, des sources (je l’espère !) d’inspiration, du lien avec cette pratique telle que je la vis et l’enseigne. Ce sera aussi le lieu de partage d’expériences, de questions recueillies ces dernières années auprès des personnes et des groupes que j’ai accompagné.

Apprendre à s’arrêter

En commençant ce blog, deux dimensions ont émergé. La première a été une forte envie d’écrire, qui remonte à loin dans ma vie, et qui va de pair aujourd’hui avec l’enseignement et le partage. La deuxième a été la question de quoi écrire… Nous ne manquons pas d’articles ou de livres sur la méditation de Pleine Conscience, et plus largement sur tout ce que nous devrions faire qui nous rendraient heureux si seulement nous nous y mettions. Là, j’ai pensé à la première chose que j’ai apprise au Népal : s’arrêter. Avant toute chose, avant d’acheter le dernier livre sur la Pleine Conscience, avant de manger cette barre de chocolat, avant de parler dans une conversation qui devient tendue, avant de consulter ses mails… Sans cela, impossible de voir la vie se déployer en nous et autour de nous, impossible de vivre ce fameux instant présent. Cela ne veut pas dire, ne pas acheter le livre, ou ne pas parler dans cette conversation, cela veut dire le faire en toute conscience.